"Le bouddhisme est un mode de vie par lequel nous développons les qualités de notre esprit.
C’est un mode de vie très particulier, car c’est une façon d’atteindre le bonheur
sans nuire à autrui."

LE XVIIe GYALWA KARMAPA, TRINLEY THAYÉ DORJÉ

DVD et CD des enseignements

  • Enseignement de Kunzig Shamar Rinpoché à Dhagpo « Les 4 placements de l'attention ».

    Lors de sa dernière visite à Dhagpo, Kunzig Shamar Rinpoché avait particulièrement insisté pour que son enseignement se déroule dans l’Institut. Nous ne pensions pas que ce serait le dernier.

La vie des êtres sensibles ne porte pas naturellement au bonheur ultime. Vous éprouvez parfois des bonheurs de courte durée, mais tout change. C’est inévitable, non ?
Le changement est inévitable.

 

Kunzik Shamar Rinpoché le 24/05/2014 à Dhagpo Kagyu Ling

 


 

Vous pouvez retrouver l'intégralité des cérémonies funéraires traditionnelles de 49 jours en supplément sur le DVD et en lien
dans la rubrique ressources / vidéos.

 

 


Voici les thématiques abordées dans les 4 sessions de ce DVD :

(pour ouvrir, cliquez sur le titre de chaque session)

• 1ère session

Introduction

Le sujet de l’enseignement porte sur les quatre placements de l’attention. Ces quatre placements ou fondations pour cultiver l’attention constituent un sujet important quelle que soit l’approche du bouddhisme que nous adoptons. Que nous soyons des pratiquants de l’enseignement commun du bouddhisme, le shravakayana, ou du grand véhicule - le mahayana, la voie des bodhisattvas. Il est également crucial dans l’enseignement du vajrayana.

Les quatre placements de l’attention font référence au placement de l’attention sur le corps, deuxièmement sur les sensations, troisièmement sur l’esprit, quatrièmement sur les phénomènes. Qu’entend-t-on par placement de l’attention (drenpa nyéwar shakpa en tibétain) ? Il s’agit d’observer les caractéristiques précises du corps, des sensations, de l’esprit et des phénomènes, de reconnaître leur nature véritable, leur réalité et de garder cela à l’esprit. Il s’agit de maintenir la souvenance de ce que sont réellement le corps, les sensations, l’esprit et les phénomènes.

Le placement de l’attention sur le corps

Notre opinion générale concernant le corps est qu’il est pur, source de plaisir, qu’il est permanent et qu’il constitue le soi. Cependant, ces conceptions ne correspondent pas à la réalité du corps. Nous saisissons une chose ou une réalité qui n’est pas, nous voyons le corps comme pur, source de plaisir, permanent, etc., alors qu’il n’a pas ces caractéristiques. Nous allons donc examiner ses véritables caractéristiques. Une observation précise du corps permet de conclure à son impureté et de voir qu’il est source de souffrance et non pas de plaisir, qu’il est éphémère et non pas permanent, qu’il n’est pas le soi mais qu'au contraire il est vide de soi et n’a pas de substance ultime. Ainsi, en observant les caractéristiques véritables du corps, notre égarement à son sujet peut être éliminé. Notre méprise est la fondation de l’existence conditionnée du samsara. En d’autres termes, nous cultivons une illusion du fait de ces idées de pureté, de permanence, de plaisir, de soi liées au corps. Cette illusion pourra être éliminée grâce au placement de l’attention sur le corps, en regardant les caractéristiques véritables du corps.
L’observation de la réalité du corps comporte deux aspects. Le premier a pour but d’éliminer notre attachement au corps. Il s’agit ici de contempler la laideur du corps. Un deuxième aspect consiste à examiner les caractéristiques du corps et à en voir la vacuité, afin d’éliminer notre attachement au corps comme étant un ensemble existant par lui-même et doté d’une substance.

Entrainement à la quiétude mentale (zhiné, shamata)

Il est important, pour mener quelque pratique que ce soit, de d’abord réussir à apaiser notre esprit. Toute pratique commence donc par la méditation de shamatha, ou shiné en tibétain. Les méthodes qui nous permettent d’accéder à cet état de quiétude et de stabilité consistent tout d’abord à apaiser l’agitation de l’esprit, dont les extrêmes sont l’excitation et la torpeur. Pour y parvenir, nous suivrons la recommandation des maîtres du passé. Tous, aussi bien les arhats que les bodhisattvas, ont souligné l’importance de la méthode basée sur la contemplation des cycles de respiration. Il s’agit de compter ces cycles en plaçant l’esprit sur la respiration. Ce sont là des exercices pour l’esprit qui permettent d’observer la respiration et d’amener l’esprit à l'état de shamatha ou de quiétude stable.

• 2ème session

Le placement de l’attention sur le corps (fin)

La pratique consiste à voir que ce corps que nous saisissons comme le moi n’a pas de substance ultime. Il n’a pas d’existence autonome ni de réalité ultime. Afin de réaliser cela, nous nous appliquons à la méditation qui consiste à observer tous les éléments du corps et toutes ses parties. Cette analyse permet de conclure qu’on ne peut pas trouver de substance. En ce sens, le corps n’a pas d’être en soi, il n’est pas supérieur, il n’y a rien à quoi on puisse s’attacher au sens ultime du terme. Ensuite, nous pouvons considérer comme une pratique secondaire celle de la visualisation. On visualise la laideur du corps lorsque, par concupiscence, nous éprouvons beaucoup de désir-attachement pour notre propre corps ou pour le corps d’une autre personne. Afin de dissiper ce désir, nous pouvons procéder à une visualisation des aspects de la laideur du corps.

Le placement de l’attention sur les sensations

On distingue deux formes de sensations : les sensations physiques et les sensations psychiques. La sensation corporelle ou physique est toujours accompagnée de la sensation psychique, mais pas l’inverse, c’est-à-dire que lorsqu’il y a sensation psychique agréable ou désagréable, elle ne s'accompagne pas nécessairement d’une sensation corporelle agréable ou désagréable.
Dans un premier temps, pour des raisons de facilité, il s’agit de commencer par porter son attention sur les sensations corporelles. Par exemple, il se peut que nous éprouvions une sensation de démangeaison, de douleur ou de bien-être.
Les débutants commencent avec des sensations qui ne sont pas trop fortes. Imaginons que nous ayons une très forte migraine, puisque nous sommes complètement submergés par la sensation de douleur, nous ne pouvons pas l’examiner ni l’analyser. Nous débutons donc par des petites sensations, comme les démangeaisons, les petites douleurs ou les petites sensations de plaisir. Nous essayons de voir comment et où se situe l’existence ou la substance, de cette sensation. Une fois qu’une sensation est reconnue, nous essayons de l’examiner : de déterminer sa taille, sa forme, si elle existe à droite, à gauche, comment elle est, où est son être. Où s’en va-t-elle lorsqu’elle disparaît ?
Cet examen nous montre que la sensation est caractérisée par le changement car elle n’est pas figée. Nous reconnaissons donc son caractère insaisissable.

Les méditations associées aux sensations

Il y a deux manières d’examiner les sensations. D'une part, la manière analytique : examiner rationnellement, voir si la sensation existe dans le corps ou à l’extérieur du corps, si elle ne fait qu'un avec le corps ou si elle est autre que le corps, si elle existe dans l’esprit, si elle ne fait qu'un avec l’esprit ou ou si elle est autre, afin de savoir quelle est sa nature. Il s’agit là d’un examen analytique. Ensuite, il y a l'examen au moment où on éprouve la sensation, une observation de la sensation dans l’expérience même.
Si vous observez ainsi les sensations, il viendra un moment où vous pourrez distinguer la saisie de la sensation et de la sensation elle-même, vous verrez son absence de substance. Par cette observation, il adviendra que, quelle que soit la nature de la sensation, plaisante ou déplaisante, au regard de votre propre expérience, vous parviendrez à la traduire par une sorte de neutralité.

• 3ème session

Le placement de l’attention sur les sensations (fin)

L’examen des sensations nous permet de comprendre leur irréalité au niveau ultime : elles sont dépourvues de substance ; elles peuvent cependant être de nature agréable, neutre ou désagréable, de la nature de la souffrance ou de la douleur. On peut distinguer les sensations d’ordre physique, éprouvées physiquement par les sens, et celles qui sont d’ordre psychique, éprouvées par l’esprit seulement. Les sensations sont de nature éphémère, sujettes au changement. Elles sont également caractérisées par le mal-être du fait de leur instabilité : on ne peut s’appuyer sur le plaisir – sa nature est de disparaître –, il est mal-être parce qu'il est sujet au changement.

Mal-être (dukkha) et quiétude mentale

Dans l’enseignement sur les Quatre vérités des êtres nobles, il est question de trois aspects du mal-être : le mal-être dû au changement, le mal-être dû à la souffrance ou à la douleur et le mal-être inhérent. Les plaisirs sont caractérisés par le mal-être dû au changement, la douleur et les souffrances sont caractérisées par le mal-être de la souffrance et les instants neutres sont imprégnés par le mal-être inhérent. En ce sens, il n’y a pas de sensation qui ne soit pas caractérisée par le mal-être.

Le mal-être inhérent est présent constamment. C’est un mal-être extrêmement subtil. Ainsi, même si nous n'en avons pas conscience, tout bien-être physique est marqué d'un mal-être inhérent très subtil. Par exemple, allongé sur un lit extrêmement confortable, on peut avoir l’impression d’être dans un espace de bien-être, mais même dans cet état-là, le mal-être subtil – c'est-à-dire le mal-être inhérent – est présent. S’il n’était pas présent constamment au niveau physique et psychique, aucune souffrance ne pourrait s’élever ; c’est parce que ce mal-être subtil est présent que d’autres souffrances et d'autres douleurs apparaissent.

Quand on regarde plus précisément, on voit que ce mal-être subtil vient de la saisie qu'entretient notre esprit. Cette saisie d’appropriation est constante, sans discontinuité et ne laisse pas place à la liberté, en d’autres termes au bien-être. Cette saisie continue constitue une fondation, à l’image du soubassement continu d’une route. Du fait de cette saisie d’appropriation continue, il y a un mal-être subtil constant.

Cette saisie subtile est constante, persistante ; elle n’est pas de nature apaisée, calme, elle est de la nature de l’agitation. De ce fait, c’est le mal-être inhérent, c’est une agitation subtile de l’esprit qui est le contraire de la paix ou de la quiétude.
Afin d’apaiser cette saisie d'abord manifeste en nous sous forme grossière, c’est-à-dire la saisie grossière d’un soi, nous nous appliquons à la méditation de shamatha, de la quiétude. Cet exercice de concentration permet d’apaiser l’agitation de l’esprit. Progressivement, nous parvenons à  amener l’esprit à un degré de quiétude. Nous pourrons alors faire l’expérience d’un très grand bien-être par l’apaisement de l’agitation intérieure de l’esprit. Une fois ce degré attaint, nous pouvons l’améliorer encore davantage et apaiser plus encore l’esprit. En fait, il n’y a pas de limite ou de mesure au-delà de laquelle on ne pourrait plus apaiser l’esprit, nous pouvons constamment améliorer et accroître cette stabilité. Le premier degré de stabilité acquis semblera donc grossier au regard d’une stabilité améliorée et plus subtile.

Le placement de l’attention sur l’esprit

Le placement de l’attention sur l’esprit est accompli afin de connaître la nature de l’esprit qui saisit les phénomènes, et le placement de l’attention sur les phénomènes permet de  connaître la nature des phénomènes saisis par l’esprit.
Connaître la nature de l’esprit saisissant conduit à éliminer les problèmes de l’esprit qui saisit. Si ces problèmes sont éliminés, les problèmes liés aux phénomènes saisis par l’esprit.
Une fois la stabilité de l’esprit acquise par la méditation de shamatha, nous observons son continuum de l’esprit, en d’autres termes, l’esprit se tourne vers lui-même et observe son propre continuum.
L’esprit est caractérisé par sa capacité illuminante : il est capable d’expérimenter, de connaître, mais ces qualités ne nécessitent pas qu’on soit constamment conscient de quelque chose.

• 4ème session

Le placement de l’attention sur l’esprit (fin)

D’une manière générale, l’esprit est une série, un continuum de concepts, de pensées incessantes. Il s’agit de l’esprit fonctionnant sur le mode de la saisie dualiste : la saisie d’un soi et des objets comme existants extérieurement à soi, et concevant implicitement soi et autrui comme ayant une substance. Le placement de l’attention sur l’esprit consiste à observer son continuum : observer simplement que les instants passés de conscience et de pensée n’existent plus, les instants futurs n’adviennent pas encore ; il s’agit d’observer l’instant présent de conscience. En l'examinant, il faut essayer de voir en quoi cet instant présent serait une substance, un être ou une existence autonome. Est-ce le cas ou pas ? Est-ce que cet instant présent se manifeste sous une forme quelconque, une couleur quelconque ? Vous pouvez appliquer votre propre réflexion pour voir si l'instant présent existe sous une forme ou sous une autre.
De même, quel que soit le concept qui s’élève dans notre esprit, nous pouvons l'observer de la même manière, c’est-à-dire nous questionner sur sa provenance, sa nature, son existence. Lorsqu’un concept a cessé, nous passons au concept suivant et appliquons la même analyse.
Par concept, il faut comprendre « les choses qui apparaissent à l’esprit », c’est-à-dire tout le contenu de l’esprit : une forme visuelle qui apparaît à la faculté visuelle ou le contact d’un corps avec un objet par exemple, tout ce qui est perçu par l’esprit est un concept. Les concepts et l’esprit sont donc indissociables. Si des concepts n’étaient pas de la nature de l’esprit, les concepts seraient quelque chose de matériel, ils ne seraient donc pas des concepts. L’esprit est l’expérience des phénomènes qui apparaissent - des concepts ; il n’est pas dissociable des concepts. Observer l’esprit consiste à essayer de voir l’esprit tel qu’il est, de manière autonome, c’est-à-dire dissocié de tous les concepts, de tous les phénomènes qu’il saisit, perçoit ou se représente. Il s’agit de l’esprit dans sa nature fondamental. Nous verrons alors qu’il n’y a, en fait, rien à saisir, il n’y a aucun objet concret qu’on puisse saisir et qui serait l’esprit.

Le placement de l’attention sur les phénomènes

Lorsque le placement de l’attention sur l’esprit est mené correctement, on peut procéder au placement de l’attention sur les phénomènes. Les phénomènes sont tout ce qu'on saisit comme extérieur, comme existant en tant qu’entités extérieures. En appliquant aux phénomènes les différentes réflexions et analyses précédemment décrites, nous parvenons à la conclusion qu'ils n’ont pas d’existence autonome, que notre esprit joue un rôle important dans la manière dont les choses apparaissent. Dès lors, tout ce qui apparaît peut être comparé à un rêve, un mirage – ces différents exemples utilisés pour illustrer l’illusion –, c’est-à-dire à quelque chose qui apparaît du fait de l’esprit. C’est en ce sens que Milarépa dit que les phénomènes apparaissent de l’esprit et disparaissent dans l’esprit. Ils adviennent à partir de l’esprit et ils disparaissent en l’esprit.

 

 

Prix : CD mp3 à 15 €
et DVD à 20 €
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Ces CD et DVD sont disponibles sur place à Dhagpo Kagyu Ling à la boutique Dzambala, à la bibliothèque de l'institut et près de chez vous, dans certains centres urbains* (KTT).
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