Les Dhagpo urbains, appelés Karma Teksoum Tcheuling (KTT), ont vu le jour en 1982. La vocation de ces lieux d’accueil est d’être un point d’accès à l’enseignement du Bouddha pour toute personne intéressée, curieuse ou en recherche. Ces centres urbains permettent également d’avoir un lieu de pratique près de chez soi pour continuer ce qui a été appris à Dhagpo Kagyu Ling ou Dhagpo Kundreul Ling.
Chaque année est proposé un programme d’apprentissage de la philosophie et de la pratique méditative. Ce programme est établi selon les besoins de chaque Dhagpo urbain, parfois directement avec lama Jigmé Rinpoché. Il est assuré par des enseignants qualifiés (souvent issus de l’académie Diwakar en Inde) et soutenu par des pratiquants de longue date ayant effectué des retraites traditionnelles de trois ans pour l’aspect de la pratique méditative, ainsi que par des étudiants de l’Institut pour l’aspect philosophique.
En tant que points d’accès à l’enseignement du Bouddha, les membres des KTT sont amenés à recevoir un public novice intéressé et à l’ introduire aux fondements du bouddhisme. Cela requiert une bonne connaissance du bouddhisme de manière générale et de la lignée karma kagyü en particulier. Initialement, un programme intitulé « formation instructeur des KTT » avait pris place il y a quelques années. Lama Jigmé Rinpoché a conseillé d’aborder certains thèmes et notions de manière plus précise à présent. Afin d’équiper les membres des KTT qui le souhaitent des notions fondamentales du bouddhisme, de son histoire et de ses différents chemins, un programme en immersion à Dhagpo Kagyu Ling et Dhagpo Kundreul Ling est proposé sur deux semaines, basé sur la restitution d’un enseignement de khenpo Chödrak Rinpoché.
Du 27 octobre au 2 novembre 2025, une vingtaine de membres issus de différents KTT de France se sont réunis à Dhagpo Kundreul Ling pour s’imprégner de la pratique dans ses trois aspects : l’apprentissage du Dharma, la pratique méditative et une participation active à la vie du lieu.
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Avec des étudiants de l’Institut de Dhagpo, ils ont donc étudié une introduction au bouddhisme ainsi qu’une approche de l’histoire du bouddhisme illustrée in situ par les fresques murales du temple. Des temps d’étude en groupe étaient prévus dans la journée ainsi que des moments de partage de l’activité du lieu (ménage, menus travaux, etc.) avec les résidents. En fin d’après-midi, un temps d’échanges était programmé avec différents enseignants qui se rendent régulièrement dans les KTT.
Afin de poursuivre et d’approfondir leur apprentissage ensemble après cette première semaine, les étudiants enthousiastes ont constitué des groupes d’étude en ligne.
Ils se sont retrouvés pour une seconde semaine qui s’est déroulée du 13 au 19 avril 2026 à Dhagpo Kagyu Ling, cette fois-ci. Leur étude avait pour thème les différents véhicules de la pratique bouddhique. Immergés dans la vie du lieu, les étudiants ont aussi eu l’opportunité de découvrir Dhagpo et ses membres actifs au quotidien en œuvrant à leurs côtés en cuisine, à la bibliothèque, au jardin ou autre.
La semaine s’est conclue par un échange avec lama Jigmé Rinpoché à la requête des étudiants. Jigmé Rinpoché a salué leur engagement au sein des KTT en expliquant :
Mettre en contact avec le Dharma des personnes intéressées constitue l’activité même d’un bodhisattva comme Karmapa. En faisant cela, vous vous inscrivez directement dans cette activité. C’est quelque chose de très important. Il importe peu que l’on soit un petit ou un grand KTT, l’essentiel est d’offrir aux gens la possibilité de se connecter au Dharma du Bouddha
Il a aussi rappelé que cet apprentissage est utile pour soi-même et son propre cheminement et qu’il ne s’agit pas de l’envisager comme une formation qui permettrait d’acquérir un statut ou une position.
Ce programme sera reconduit chaque année et toute personne intéressée est la bienvenue pour le rejoindre.
Témoignages
Je fais partie du bureau d’un KTT, avec habituellement beaucoup d’activités, d’organisation.
Et cette semaine, on a des journées entières pour se consacrer à la pratique en action, en méditation et en enseignement. Je trouve ça bien de pouvoir vraiment s’adonner pendant une semaine entière à ne faire que cela, de ne pas rentrer chez soi, sans les habitudes qui reprennent le dessus. On a vraiment le temps de s’immerger, d’approfondir un peu plus. Le rythme est soutenu mais ça passe vite.
Après l’enseignement, on participe à l’activité pendant deux heures et on aide dans différents secteurs. Personnellement, j’aime bien cela, parce que ça permet de mieux connaître le lieu, les activités (moi je connaissais Dhagpo mais pas Kundreul Ling). Et puis ça permet de connaître les personnes.
Après le repas, on a des groupes d’études. C’est intéressant parce qu’on reprend à plusieurs ce qu’on a vu les jours précédents ou le jour même.
On relit ensemble, chacun partage sa compréhension. L’année dernière, il y avait un restituteur qui passait dans les groupes. Cette année, on est en autonomie. Puis on revient avec des questions éventuelles sur le texte auprès des restituteurs, lors de la session suivante. Ces échanges sont vraiment très enrichissants.C’est aussi comme cela qu’on fait des liens avec les autres centres, et qu’après ces liens perdurent. Quand on vient à Dhagpo, c’est aussi cela qu’on recherche, les idées qu’on peut avoir de ce que font d’autres groupes dans les KTT, de voir aussi que les difficultés qu’on a, elles sont partagées par les autres groupes, donc on se sent quelque part moins seul.
Plusieurs membres du KTT participent aussi aux retraites du Cursus Chenrezik mais on n’avait pas du tout fait de formation d’instructeur, donc on redémarre avec cette nouvelle formule.
Dans le Cursus Chenrezik, on a étudié les agrégats, et maintenant c’est l’Abhidharmakosha. On a un groupe d’études sur ces sujets. On acquiert plein de notions par les différents enseignements, mais quand on accueille des nouvelles personnes qui nous posent des questions, on n’ose pas encore trop se lancer dans les explications, car l’histoire du bouddhisme, ce n’était pas encore forcément très clair.
En fait, c’est aussi cela qu’on est venu chercher, avoir plus d’informations, pour aussi intégrer les notions, à force de répéter, et puis d’être plus à l’aise après, pour pouvoir répondre aux questions des personnes qui viennent au KTT.
Le fait de répéter, de réentendre les choses, parfois sous différentes façons, permet petit à petit d’intégrer les différentes notions.
Nadège
En fait, j’apprécie ces périodes d’études sur deux semaines. Les premiers modules qu’il y avait il y a quelques années, c’était sur 15 jours d’affilée. À présent, c’est en deux fois une semaine dans deux lieux différents. Personnellement, j’apprécie cela, ça permet d’approfondir et de découvrir les lieux, et d’apprendre dans un cadre favorable.
L’alternance de restitutions, de méditation, d’études en petits groupes personnels et d’activités est très complémentaire. Avec la méditation et l’étude, on apprend, on approfondit et on intègre les informations. Et c’est une forme de mise en application du partage, on donne du temps pour aider à la vie du lieu, soit au monastère de Kundreul Ling ou à Dhagpo. C’est nécessaire aussi pour que le lieu existe.
J’avais déjà reçu des explications de différents textes. Mais là, c’est un enseignement particulier d’un khenpo, donné de façon très ordonnée, très structurée. Cette étude permet moins d’interprétations de ma part, si je me rapproche du texte qui nous est transmis.
Durant le temps de restitution, c’est plus lié à l’écoute, de revisiter, d’approfondir nos connaissances. Après, dans les temps de partages en groupes, on revient pour voir ou confronter nos compréhensions, nos lectures et revenir dessus, parce qu’en fait, on oublie vite. Parfois, il y a des questions qui s’élèvent et les autres nous apportent des éléments de réponse. Et puis si on ne trouve pas, on revient vers les restituteurs pour avoir des précisions.
Cela se fait sans concurrence, sans atteinte d’objectifs prédéfinis, particuliers. Ça avance de façon naturelle.En participant à ces semaines de formation, cela me permet d’une part d’améliorer mes connaissances, et ensuite de pouvoir accueillir et transmettre de façon plus juste à des personnes qui arrivent au KTT, surtout pour l’histoire du bouddhisme.
Parce que ce sont des questions qui viennent assez souvent des personnes qui découvrent le KTT. Ces personnes viennent découvrir le bouddhisme et se demandent ce que c’est, ou bien elles viennent découvrir la méditation, et se demandent dans quel cadre ça se passe.
Cela permet d’avoir un peu les idées claires sur ces sujets et de partager de bonnes informations.Frédéric




