«Meeting the Buddha» Sortie nationale et entretien avec la réalisatrice Márta György Kessler

25 Oct 2026

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Ce documentaire plusieurs fois primé, retrace la vie et l’héritage du XVIᵉ Karmapa, Rangjung Rigpé Dorjé, et de son disciple Ole Nydahl. Lama Jigmé Rinpoché a été un conseiller essentiel sur ce projet dès le départ, apportant ses conseils détaillés tout au long de sa réalisation.

Lama Jigmé Rinpoché et la réalisatrice seront présents à l’avant-première, le 4 novembre à Paris.

Le 18 novembre le film sortira dans de nombreuses salles de cinéma à travers la France.

À l’approche de la sortie nationale, nous avons interviewé Márta György Kessler, la réalisatrice du film, lors de son passage à Dhagpo Kagyu Ling.

Informations pratiques et réservations

Avant-première 
Mercredi 4 novembre 2026 à 19 h 30 – Salle 3
Cinéma Saint-André des Arts – 75006, Paris

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Sortie nationale en salles : 18 novembre 2026

Entretien avec Márta György Kessler, la réalisatrice

Après des projections aux États-Unis, en Amérique du Sud, en Australie et dans plusieurs pays européens, « Meeting the Buddha » (À la rencontre du Bouddha) sortira en France le 18 novembre. Quelle importance particulière revêt pour vous ce lancement en France ?
C’est sans aucun doute un moment spécial ! La France occupe une place très importante dans cette histoire : c’est ici que le XVIe Karmapa a fondé Dhagpo Kagyu Ling lors de son premier séjour et qu’il a demandé à Lama Jigmé Rinpoché d’y rester. Nous avons également tourné ici, à Dhagpo, et dans les environs où le XVIe Karmapa avait accompli des pujas.
 
Et nous avons également fait des interviews avec Jigmé Rinpoché et Thinley Rinpoché ici. Tout cela fait partie de l’histoire, de la façon dont l’enseignement et la vision du XVIe Karmapa sont parvenus en Occident et se perpétuent encore aujourd’hui. De plus, nous avons pu accéder en France à des images tournées par Arnaud Desjardins [1]. . Ce dernier a été l’un des premiers à filmer le XVIe Karmapa dans les années 1960 au Sikkim, après sa fuite du Tibet, et il a réalisé des prises de vue exceptionnelles que nous avons utilisées dans le film.
Lama Jigmé Rinpoché, qui guide le développement de Dhagpo Kagyu Ling depuis 1975, a été un conseiller essentiel pour ce film. Comment avez-vous travaillé ensemble ?

Lama Jigmé Rinpoché est un acteur incontournable de ce projet. Son soutien, à bien des égards, a toujours été très fort et très précieux. Je lui en suis vraiment très reconnaissante. Dès le début, il a accepté d’être le principal conseiller sur tous les aspects de la vie du XVIe Karmapa, ainsi que sur tout ce qui concerne le Tibet et la lignée karma kagyu. Il nous a fait part de sa vision du film et nous a donné des conseils sur la structure du scénario ainsi que sur les éléments importants à mettre en avant pour présenter le Karmapa. Dès lors, je l’ai rencontré à de nombreuses reprises – je ne sais même plus combien de fois ! Il s’est toujours montré disponible pour nous conseiller sur une multitude de détails, ce qui a été vraiment très précieux.

Entretiens avec Lama Jigmé Rinpoché et Thinlay Rinpoché dans l’Institut de Dhagpo

Il m’a également remis un exemplaire du livre de Shamar Rinpoché sur la vie du XVIe Karmapa, qui n’existe qu’en tibétain et que nous avions fait traduire. Il a visionné plusieurs versions du film lorsque nous y travaillions.

Réaliser un tel film est tout un processus qui nécessite beaucoup de recherches. De nombreuses questions surgissent en cours de route. Au fur et à mesure que nous développions le scénario, je revenais consulter Rinpoché sur de nombreux aspects : quelles sources utiliser, quelles images choisir, qui interviewer, ce qu’il fallait inclure ou non.

Lama Jigmé Rinpoché en action avec la caméra offerte au XVIe Karmapa à l’épaule

Il a également passé en revue toutes les animations du film. Il était très précis : par exemple, il indiquait exactement à quoi devait ressembler la chambre du XVIe Karmapa, ou bien il m’envoyait des photos montrant comment différents aspects du Tibet devaient être représentés. Mon anecdote préférée remonte à la toute fin du tournage. À un moment donné, il a éclaté de rire en disant : « L’oreille du cheval ne ressemble pas à ça ! » C’était tellement drôle. Ainsi, parfois, alors que nous pensions avoir terminé, ce n’était pas le cas !

Par ailleurs, lorsque je travaillais sur le film consacré à Hannah [2], je cherchais des images du XVIe Karmapa. J’ai demandé à Jigmé Rinpoché s’il connaissait quelqu’un qui pourrait en posséder. Il m’a répondu : « J’ai quelque chose dans ma réserve. » En fait, il y avait cinq boîtes de bobines de films 8 mm. « Quelqu’un avait offert une caméra au XVIe Karmapa au milieu des années 1960. Je l’avais prise et je filmais », m’a-t-il expliqué. Rinpoché m’a donné ces cinq boîtes, que j’ai emportées à Londres pour les faire numériser. Nous avons utilisé une partie de ces images dans le film Hannah, mais une grande partie dans celui-ci. C’est un véritable trésor : des images tournées à Rumtek, aux États-Unis lorsqu’il voyageait avec le XVIe Karmapa, et dans d’autres lieux. Ainsi, lorsque je présente Jigmé Rinpoché, je le présente également comme caméraman !

En mars 2026, le film a été projeté à l’Institut bouddhiste international du Karmapa (KIBI) en présence du XVIIe Karmapa. Sa Sainteté a-t-elle été consultée pendant la réalisation du film et qu’a-t-elle partagé avec vous après l’avoir vu ?

J’ai rencontré le Karmapa avant de commencer le montage ainsi que pendant le processus de production. Je lui ai présenté le projet ainsi qu’une liste des personnes que nous avions l’intention d’interviewer. Il s’est montré très attentif, nous faisant part de ses commentaires et passant en revue le contenu. Il a suggéré plusieurs interviews supplémentaires, notamment avec khenpo Chödrak Rinpoché. Il nous a également conseillé de tourner au Bhoutan et nous a suggéré les personnes sur place à interviewer. Je me suis rendu au KIBI avant la sortie du film et je le lui ai montré. Il en a été très satisfait.

Par la suite, le Karmapa nous a adressé une très belle lettre à propos du film :

Regarder ce film, c’était en quelque sorte une remontée dans le temps, c’est une magnifique suite à l’histoire de feu Hannah.

À travers ces deux œuvres, on peut entrevoir les bouddhas vivants grâce à ce support numérique. […]

J’ai particulièrement aimé les images de mon maître, Sa Sainteté le regretté Kunzig Shamar Rinpoché, et j’aurais aimé qu’il y en ait davantage. Chaque fois que j’entends sa récitation des prières de la Terre Pure, cela me touche profondément, au point de me faire venir les larmes aux yeux.

Peut-être que personne ne s’en rend vraiment compte, ou peut-être que certains d’entre vous le remarquent, mais personnellement, j’ai le sentiment qu’il est toujours possible de percevoir l’aspect non différent entre lui et le XVIe Karmapa.

Avez-vous remarqué des réactions communes dans les nombreux pays où le film a été projeté ?
Je pense que chacun est touché à sa manière, ce qui est une bonne chose. Ceux qui s’intéressent un peu au Tibet ou au bouddhisme nous disent souvent à quel point ils trouvent intéressantes les histoires des personnes présentées dans le film. Parfois, c’est juste une impression, un sentiment.
En Australie, j’ai été invité à un échange avec des membres d’une école de bouddhisme chinois. Ils ne connaissaient pas grand-chose au bouddhisme tibétain et ont été vraiment inspirés par l’histoire. Il en va de même pour les adeptes d’autres écoles du bouddhisme tibétain qui sont venus voir le film. Je suis toujours fier lorsque des jeunes s’enthousiasment pour le film et nous font part de leurs impressions. Je pense que les gens sont touchés parce qu’il s’agit d’une histoire de vie. Il ne s’agit pas seulement d’une personne, mais de nombreux lamas qui apparaissent tout au long du film. Je pense que ces exemples marquent les esprits, c’est la dimension émotionnelle.
Y a-t-il un message qui ressort particulièrement pour vous dans le film ?

J’espère que ce film touchera de nombreuses personnes. Puisque nous sommes tous uniques, ce sont des choses différentes qui trouvent un écho en chacun de nous ; je pense donc que chacun devrait y trouver son propre message. Ce qui me marque le plus, c’est la présence puissante du grand XVIe Karmapa, sa vision de porter le bouddhisme à travers le monde, ainsi que l’idéalisme et le dévouement de ses disciples occidentaux, Lama Ole et Hannah Nydahl. D’ailleurs, des pratiquants bouddhistes ont déclaré que le fait de voir ce film les avait véritablement rapprochés du Karmapa. J’espère que ce film éveillera la curiosité à l’égard du bouddhisme et encouragera les gens à le découvrir.

[1] Auteur et cinéaste français (1925-2011) qui a fait découvrir au grand public la sagesse des maîtres tibétains. En 1983, il a offert à Dhagpo des conditions très avantageuses pour l’acquisition de sa propriété au Bost (Auvergne), où le XVIe Karmapa avait célébré la cérémonie de la Coiffe noire. Le futur site de Dhagpo Kundreul Ling a accueilli la première retraite traditionnelle de trois ans la même année. https://dhagpo.org/en/march-17-1984-first-three-year-retreat/

[2] « Hannah : Buddhism’s Untold Story » (2014). Un film sur Hannah Nydahl (1946-2007), enseignante et traductrice danoise, disciple du XVIe Karmapa, qui, avec son mari Lama Ole, a contribué à faire connaître les enseignements authentiques de la lignée Karma Kagyu en Occident.

Sortie prévue dans de nombreuses villes françaises et en Suisse

Biarritz
Bordeaux
Cannes
Clermont-Ferrand
Le Havre
Lyon
Montignac
Paris
Rouen
Genève

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